Avocat, professeur et essayiste
Professeur de psychologie, logique et éthique et auteur d’essais sur l’origine des êtres vivants. Dans la controverse darwiniste, il associa opposition au transformisme et critique du cléricalisme.
Avocat, professeur et essayiste · 1821–…
Avocat, professeur et essayiste
Professeur de psychologie, logique et éthique et auteur d’essais sur l’origine des êtres vivants. Dans la controverse darwiniste, il associa opposition au transformisme et critique du cléricalisme.
Rafael Lorenzo y García naquit à Las Palmas le 19 août 1821. Il fut avocat, professeur et auteur d’essais philosophiques. Son parcours appartient à la vie intellectuelle de Gran Canaria au XIXe siècle et aux débats sur l’enseignement, la science et la religion. Il participa également à la fondation d’El Museo Canario. Juan Francisco Martín del Castillo rapporte sa date de naissance en s’appuyant sur Vidas ajenas d’Isaac de Viera. Les sources consultées ne permettent pas d’établir la date de son décès.
Son enseignement est attesté dans les rapports de l’Instituto de Segunda Enseñanza de Las Palmas. Pour l’année scolaire 1869–1870, il apparaît comme responsable de psychologie, logique et éthique, avec des ouvrages de Monlau Rey et Heredia comme manuels. La même année, il publia un Programa de las lecciones de Filosofía, dont une deuxième édition augmentée parut en 1871. L’étude de Martín del Castillo relève à nouveau son nom dans le rapport de 1873–1874. Ces documents situent des étapes précises de son enseignement, sans fournir une chronologie complète de son emploi.
En 1876, il publia Estudios filosóficos sobre la especificación de los seres. L’année suivante parut Estudios filosóficos sobre el origen y formación de los seres vivientes. Ces deux ouvrages s’inscrivent dans la controverse darwiniste aux Canaries. Lorenzo s’opposa au transformisme et défendit sa propre explication de l’origine des êtres vivants. La recherche historique analyse son emploi des notions de foi, raison, expérience et science, ainsi que l’importance qu’il accordait à la définition des termes avant de développer ses arguments. Son activité relevait de l’essai et de l’enseignement ; ces publications n’établissent pas une carrière de recherche expérimentale en sciences naturelles.
Son rejet du darwinisme coexistait avec une position anticléricale. Dans les Estudios, il discuta les critiques formulées par El Gólgota et défendit la valeur du savoir rationnel et scientifique face à l’autorité religieuse. L’historiographie le rattache au krausisme et souligne qu’il conservait une foi raisonnée. L’opposition au transformisme ne le plaçait donc pas automatiquement dans le même camp intellectuel que ses adversaires cléricaux. Cette combinaison de positions contribue à l’intérêt historique de son œuvre.
L’histoire du Collège des avocats documente un autre aspect de son activité. Il écrivit dans El Foro Canario sur le patriotisme, l’émigration et la peine de mort. Il figura aussi parmi les quatorze avocats qui refusèrent de traiter les affaires ordinaires devant le juge José Muñoz Gaviria, tout en continuant à intervenir dans les cas urgents. Sa biographie associe ainsi pratique juridique, enseignement et participation aux débats publics. Son appartenance au groupe fondateur du Musée accompagne ces contributions, mais ne remplace pas les preuves de son propre travail professionnel et intellectuel.