Homme politique, journaliste et essayiste
Maire de Las Palmas de Gran Canaria et sénateur socialiste, il mena une longue activité journalistique et culturelle. Il participa à El Museo Canario et à la récupération d’archives historiques.
Homme politique, journaliste et essayiste · 1904–1988
Homme politique, journaliste et essayiste
Maire de Las Palmas de Gran Canaria et sénateur socialiste, il mena une longue activité journalistique et culturelle. Il participa à El Museo Canario et à la récupération d’archives historiques.
Juan Manuel Rodríguez Doreste naquit à Las Palmas de Gran Canaria le 29 novembre 1904. Il mourut dans la même ville en 1988. Homme politique socialiste, journaliste, essayiste et critique d’art, il associa une longue activité culturelle à des responsabilités municipales et parlementaires durant la démocratie. Son engagement auprès d’El Museo Canario ajouta à ce parcours la gestion institutionnelle et la récupération de documents historiques. Sa biographie traverse la répression de la guerre civile, la vie culturelle sous la dictature et les changements politiques de la transition démocratique espagnole.
Il reçut ses premières leçons auprès de sa cousine Librada Alvarado Doreste, institutrice qui tenait une école dans la ville. Il poursuivit sa formation à l’École de commerce et obtint le diplôme de profesor mercantil en 1921. Il travailla ensuite pour l’administration du port, celle des routes, l’entreprise Hijos de Juan Rodríguez et l’agence maritime de Camilo Martinón Navarro. Ces emplois commerciaux coexistèrent avec une vocation journalistique durable, exprimée dans plusieurs quotidiens et revues culturelles des îles.
Il collabora à Diario de Las Palmas, El liberal, Hoy et El socialista. Il fut rédacteur en chef d’El país et directeur d’Avance. Après la guerre civile, il écrivit sous pseudonyme dans Falange et participa à la fondation de Canarias deportiva et de Canarias económica. En 1953, il fut cofondateur d’Editorial Prensa Canaria. Son travail culturel comprenait la critique d’art, les conférences et des contributions à Cartones et La rosa de los vientos. Il publia une quinzaine de livres, entre essais, recueils d’articles et textes autobiographiques, notamment Cuadros del penal et Memorias de un hijo del siglo.
Il adhéra au Parti socialiste ouvrier espagnol en 1929. Après le début de la guerre civile, il resta caché pendant environ deux mois avant de se livrer aux nouvelles autorités en septembre 1936. Il fut détenu d’abord à La Isleta, puis au Lazareto de Gando, où il demeura jusqu’à la fin de 1940. Son lien avec El Museo Canario connut lui aussi une interruption : il fut exclu avec d’autres membres dans le contexte de l’épuration politique de l’institution. Après sa libération, il reprit ses activités professionnelles et culturelles.
Les élections municipales de 1979 lui donnèrent un siège au conseil de la ville. Le PSOE conclut d’abord un accord de gouvernement avec Unión del Pueblo Canario, dont Manuel Bermejo devint maire. En 1980, un nouvel accord entre les socialistes et Unión de Centro Democrático porta Rodríguez Doreste à la mairie malgré le petit nombre de conseillers de son groupe. Il perdit cette fonction en 1982 et fut de nouveau élu maire en 1983, cette fois avec une majorité absolue. Sénateur pour Gran Canaria entre 1982 et 1988, il présida la commission de l’Économie et des Finances durant la troisième législature.
Il entra à El Museo Canario en 1928 et rejoignit son conseil d’administration deux ans plus tard. Il occupa, avec des interruptions, les fonctions de bibliothécaire, secrétaire et trésorier et participa au comité de rédaction de sa revue. Il fut secrétaire entre 1969 et 1981. Il contribua à récupérer à Londres les documents de l’Inquisition canarienne connus sous le nom de Collection Bute et à transférer à Gran Canaria les archives de la Casa Fuerte de Adeje. Son héritage réunit ainsi l’écriture, la représentation politique et une action concrète pour conserver les sources de l’histoire insulaire.