Dolores de la Torre Champsaur
ContemporaineMusiqueXXe siècleLola de la Torre : patrimoine musical

Musicologue, chanteuse et enseignante

Connue sous le nom de Lola de la Torre, elle enseigna le chant et étudia les archives musicales de la cathédrale des Canaries et d’El Museo Canario.

Jeunesse

Dolores de la Torre Champsaur, connue sous le nom de Lola de la Torre, naquit à Las Palmas de Gran Canaria en 1902. Elle mourut dans sa ville natale le 19 janvier 1998. Son parcours réunit trois activités étroitement liées : l’interprétation musicale, l’enseignement du chant et la recherche dans les archives. Ses études sur la cathédrale des Canaries et sa participation à El Museo Canario contribuèrent à préserver et à faire connaître des documents importants pour l’histoire musicale de l’archipel.

Rôle historique

Elle était fille du bariton Néstor de la Torre Comminges et de Dolores Champsaur Millares, qui pratiquait également le chant. Elle étudia le piano avec Antonio Bonnín à Tenerife et commença ses concerts en 1918 par un récital au profit de l’Escuela Luján Pérez. Après son installation familiale à La Havane, elle se produisit en concert et développa son activité pédagogique. Elle enseigna le chant au Conservatorio Molina en 1923, puis au Conservatorio Internacional dès l’année suivante. Son répertoire comprenait de la musique française, des lieder allemands et des chansons espagnoles anciennes.

Elle poursuivit l’enseignement à Tenerife, Madrid et Barcelone. En 1938, elle obtint sur concours un poste de professeure spécialisée de musique à L’Hospitalet de Llobregat. Après la guerre civile, elle revint aux Canaries et prit en 1942 la chaire de chant de l’école municipale de musique de Las Palmas. Un nouveau séjour cubain commença en 1949 ; elle revint en Espagne en 1952 et s’établit définitivement à Grande Canarie en 1955. En 1975, elle fut nommée enseignante de chant au conservatoire professionnel de Las Palmas. Lothar Siemens Hernández compta parmi ses élèves.

Elle encouragea Los Pequeños Cantores de La Luz en 1955 et la délégation de Juventudes Musicales de Las Palmas en 1956. Elle s’était formée à la recherche avec Eduardo Martínez Torner à Madrid. À partir de 1957, elle étudia les documents musicaux de la cathédrale et résolut une confusion concernant les frères Durón : le musicien lié à cette institution était Diego, et non Sebastián. Avec son mari, l’intellectuel Juan Manuel Trujillo Torres, elle organisa les archives et réunit une vaste documentation historique. Le catalogue des œuvres musicales parut dans El Museo Canario en 1964 et 1965.

Héritage

Elle organisa également les fonds musicaux du musée et défendit la création d’une section de musicologie, ouverte en 1970. En 1993, elle y déposa sa documentation de recherche, et la section reçut son nom. Ses publications comprennent La música en la Catedral de Las Palmas, 1514-1600: Documentos para su estudio, édité en 1983. Membre d’honneur d’El Museo Canario, elle fut aussi Hija Predilecta de Las Palmas de Gran Canaria et reçut la médaille d’or des Canaries. Son héritage relie la formation des interprètes à la redécouverte documentaire du patrimoine musical.

Sources et vérification