Miguel Martín-Fernández de la Torre
ContemporaineArtXIXe siècleCréateur du style architectural canarien

Architecte canarien

Miguel Martín-Fernández de la Torre (Las Palmas de Gran Canaria, 28 février 1894 – 15 janvier 1980) fut l’architecte canarien le plus influent du XXe siècle. Formé à Madrid, où il obtint son diplôme en 1921, il articula le rationalisme européen avec la tradition constructive des îles. Des œuvres comme l’hôtel Santa Catalina, le marché de Vegueta, le pavillon Fataga ou la Colonia I.COT définirent le style dit canarien, synthèse de modernité et de vernaculaire. Il dirigea également la construction du Pueblo Canario (1939-1950) en respectant les esquisses de son frère aîné, le peintre Néstor, et le Museo Néstor y fut inauguré en 1956.

Jeunesse

Miguel Martín-Fernández de la Torre naquit à Las Palmas de Gran Canaria le 28 février 1894. Il y mourut le 15 janvier 1980. Il fut l’architecte canarien le plus influent du XXe siècle et le créateur d’une architecture qui sut allier la modernité européenne au savoir-faire constructeur vernaculaire des îles. Frère cadet du peintre Néstor Martín-Fernández de la Torre, il partageait avec lui non seulement les origines familiales mais aussi le dessein de forger une identité visuelle moderne pour les Canaries.

Rôle historique

Il étudia l’architecture à Madrid et obtint son diplôme en 1921. De retour à Gran Canaria, sa première réalisation notable fut la Casa Viscasillas (1923), sur le Paseo de Madrid, conçue à l’origine comme hôtel et édifiée avec des références évidentes à l’architecture traditionnelle canarienne. Au cours des décennies suivantes, il façonna un héritage urbain et architectural incontournable : la Casa Guedes (1942), représentative du néo-canarien d’après-guerre; la Casa Armas (1943), qui évoque les haciendas mexicaines et les missions californiennes; le Pabellón Fataga (1945) et la Casa del Turismo (1945), tous deux situés dans le Parque Santa Catalina; la reconstruction de l’hôtel Santa Catalina (1952), qui transforma un ancien hôtel en bois du XIXe siècle en un opulent complexe néo-canarien couronné de tours octogonales; le marché de Vegueta; le siège du Gouvernement civil; l’ancien aéroport de Gando; le Mirador de Bandama, conçu comme belvédère touristique et converti pendant la Seconde Guerre mondiale en observatoire antiaérien camouflé, réalisé par Fermín Suárez Valido; et la Colonia I.COT, considérée comme une œuvre majeure de sa trajectoire moderne. Il élabora également un plan d’urbanisme pour Las Palmas qui orienta la croissance de la ville pendant des décennies.

Son œuvre la plus célèbre, cependant, naquit de la collaboration avec son frère Néstor. Après l’incendie de 1918 qui détruisit le Teatro Pérez Galdós de Las Palmas, Miguel prit en charge la reconstruction du bâtiment tandis que Néstor concevait la décoration intérieure. Ils travaillèrent ensemble au Parador de Cruz de Tejeda. Lorsque Néstor mourut en 1938, Miguel assuma la direction de la construction du Pueblo Canario (1939-1950), complexe monumental qui matérialisa les esquisses du peintre et créa un espace dédié à la mémoire et à l’art canariens. En 1956, le musée consacré au peintre fut inauguré au cœur de cet ensemble, conservant son œuvre et symbolisant le projet identitaire partagé par les deux frères.

Miguel définit ce que l’on nomme le style canarien, synthèse équilibrée entre rationalisme européen et tradition constructive insulaire. Ses bâtiments allient fonctionnalité, pureté des lignes et matériaux locaux, reconnaissables aux murs de pierre, aux patios intérieurs, aux toits de tuiles et aux structures en bois. Loin d’une simple reproduction historiciste, son approche interprétait le passé pour résoudre les problèmes contemporains d’habitabilité, de tourisme et d’image urbaine.

Héritage

Son héritage dépasse le catalogue des œuvres construites. Nombre de ses bâtiments ont été classés et réhabilités, et l’Escuela Técnica Superior de Arquitectura de Las Palmas le reconnaît comme fondateur d’une tradition architecturale insulaire. Miguel Martín-Fernández de la Torre n’a pas seulement transformé le paysage urbain des Canaries; il a doté l’archipel d’un langage architectural qui lui est propre, moderne et profondément enraciné dans la terre.

Chronologie

  1. 1894Naissance de Miguel Martín-Fernández de la Torre à Las Palmas de Gran Canaria.
  2. 1921Obtint son diplôme d'architecture à Madrid et retourna à Gran Canaria.
  3. 1939Prit la direction de la construction du Pueblo Canario après la mort de son frère Néstor.
  4. 1956Inaugura le Museo Néstor au sein du Pueblo Canario, conçu avec son frère.
  5. 1980Décès de Miguel Martín-Fernández de la Torre à Las Palmas de Gran Canaria.

Sources et vérification