Elías Serra Ràfols
ContemporaineHistoireXIXe siècleRenouveau de l’historiographie canarienne

Historien et archéologue

Professeur d’histoire d’Espagne à La Laguna, promoteur de l’édition des sources et de la formation d’historiens du passé canarien.

Jeunesse

Elías Serra Ràfols naquit à Maó, sur l’île de Minorque, le 20 juillet 1898. Il mourut à San Cristóbal de La Laguna le 27 juillet 1972. Historien et archéologue, il fit carrière à l’université de La Laguna et contribua à la professionnalisation des études historiques aux Canaries. Son travail comprenait l’enseignement, l’édition documentaire, la recherche archéologique et la direction d’initiatives scientifiques, dans lesquelles il forma de nouvelles générations de chercheurs.

Rôle historique

Il termina ses études secondaires à Girona en 1915 et obtint une licence de philosophie et lettres à l’université de Barcelone en 1919. Il s’y forma dans l’environnement de Pere Bosch Gimpera, dont l’enseignement influença sa préparation archéologique. Il obtint son doctorat à Madrid en 1925 et la chaire d’histoire d’Espagne à La Laguna en février 1926. Il resta à l’université canarienne jusqu’à sa retraite en 1968, enseignant l’histoire, la paléographie et d’autres disciplines humanistes.

Après la procédure d’épuration politique qu’il subit sous le franquisme, il reprit son activité universitaire et fut doyen de philosophie et lettres de 1940 à 1958. Il exerça également la fonction de vice-recteur et dirigea la Revista de Historia Canaria. Il participa à la création de l’Instituto de Estudios Canarios, dont il fut président. Ces responsabilités universitaires et éditoriales accompagnèrent sa recherche et favorisèrent la constitution d’un cadre durable pour l’étude historique des îles.

Une partie centrale de son activité consistait à réunir, transcrire et publier des sources primaires. Avec des collaboratrices telles que Manuela Marrero Rodríguez, María Rosa Alonso et Emma González, il participa à des projets concernant les procès-verbaux du Cabildo de Tenerife, les concessions foncières, les chroniques de la conquête et la documentation des litiges et répartitions de terres. Il travailla aussi à l’édition de Le Canarien. Ses recherches portaient sur l’expansion atlantique, la conquête et la colonisation des îles, l’esclavage et les populations autochtones ayant survécu à la conquête.

En archéologie, il étudia San Marcial del Rubicón, à Lanzarote, avec son frère José de Calasanz. La recherche documentaire préalable orienta la localisation du site et l’application de méthodes stratigraphiques. Dans ses travaux historiques, il défendait la comparaison critique des sources et la distinction entre actions attestées et motivations attribuées aux personnages. Ce souci méthodologique doit être apprécié dans le contexte intellectuel de son époque.

Héritage

Il donna son dernier cours au Paraninfo de La Laguna le 29 mai 1968. L’université lui consacra quatre volumes d’hommage publiés de 1970 à 1973. En 2019, l’Instituto de Estudios Canarios réunit ses Obras canarias en cinq tomes, prolongeant l’accès à une production qui associait recherche, critique bibliographique et attention au patrimoine culturel.

Sources et vérification