Médecin et homme politique né à Las Palmas. Dernier président du gouvernement de la Seconde République espagnole pendant la Guerre civile.
Juan Negrín naquit à Las Palmas de Gran Canaria en 1892 dans une famille bourgeoise. Il étudia la médecine en Allemagne, où il obtint son doctorat avec distinction, et retourna en Espagne pour occuper la chaire de Physiologie à l'Université Centrale de Madrid. Il fut l'un des scientifiques espagnols les plus éminents de son temps : il travailla avec le prix Nobel Santiago Ramón y Cajal et créa la Résidence des Étudiants aux côtés de personnalités comme García Lorca, Dalí et Buñuel.
Sa vie politique commença en 1929 lorsqu'il rejoignit le PSOE. Pendant la Seconde République, il fut député pour Las Palmas. Quand la Guerre civile éclata, il prit en charge le portefeuille des Finances puis, en 1937, fut nommé Président du Gouvernement. Il dirigea la République pendant les années les plus dures de la guerre, prenant des décisions controversées comme le transfert des réserves d'or à l'étranger. Sa devise était de résister jusqu'à ce que la situation internationale change, mais l'effondrement de la résistance républicaine en 1939 le condamna à l'exil.
Il passa le reste de sa vie à Paris et à Londres, refusant de reconnaître le régime de Franco et maintenant le gouvernement républicain en exil. Il mourut à Paris en 1956 sans retourner en Espagne. Ce fut une figure passionnément débattue : pour les uns, le dernier défenseur de la légalité démocratique ; pour les autres, responsable de la prolongation inutile d'une guerre perdue. En 2002, ses restes furent transférés de Paris au cimetière de la Almudena à Madrid, reconnaissant sa figure comme référence du républicanisme espagnol.