Écrivain et dramaturge né à Las Palmas, considéré comme l'un des plus grands romanciers espagnols après Cervantes. Auteur des "Épisodes nationaux".
Benito Pérez Galdós naquit à Las Palmas de Gran Canaria en 1843 et s'installa à Madrid à dix-neuf ans pour étudier le droit. Il abandonna rapidement ses études pour se consacrer au journalisme et à la littérature. Son premier roman important, La Fontana de Oro (1870), montrait déjà les préoccupations historiques et sociales qui traverseraient toute son œuvre. Ce qui le distingua d'emblée fut son ambition : dépeindre l'Espagne tout entière, avec ses misères, son fanatisme et son potentiel de transformation.
Les Épisodes nationaux — quarante-six romans en cinq séries — constituent la plus grande entreprise narrative de la littérature espagnole après Don Quichotte. Galdós reconstruisit cent ans d'histoire espagnole, de la bataille de Trafalgar à la Restauration, mêlant personnages fictifs et figures réelles. Il écrivit simultanément des romans d'analyse sociale profonde : Fortunata et Jacinta, Miau, Misericordia. Sa vision de Madrid comme univers moral complet n'a pas d'équivalent dans les lettres hispaniques du XIXe siècle.
Malgré son œuvre monumentale, Galdós ne reçut pas le prix Nobel, en partie à cause de l'opposition des milieux conservateurs et ecclésiastiques qui l'accusaient d'anticléricalisme. Il mourut à Madrid en 1920, presque aveugle et appauvri. Las Palmas de Gran Canaria lui rend hommage de façon permanente : la Maison-Musée Pérez Galdós dans sa maison natale, le parc qui porte son nom et l'aéroport de l'île sont dédiés à sa mémoire.