Princesse guanche, fille du mencey Bencomo. Selon la légende, elle eut une relation avec le conquérant Fernández de Lugo.
Dácil est la figure la plus romantique de la conquête de Tenerife. Fille du puissant mencey Bencomo de Taoro, elle était l'une des plus éminentes princesses du camp guanche. Les chroniques historiques ne la mentionnent que brièvement, mais la tradition populaire et la littérature ultérieure ont tissé autour d'elle une histoire d'amour qui traverse les frontières de la guerre et de la culture.
Selon la légende la plus répandue, Dácil tomba amoureuse d'un officier castillan nommé Gonzalo García del Castillo — non de Fernández de Lugo lui-même, comme on le confond parfois — pendant les années de la conquête. L'histoire d'amour entre une princesse indigène et un officier espagnol devint le symbole du métissage et de l'union de deux mondes. Certains chroniqueurs affirment que le mariage fut réel et que Dácil fut baptisée sous le nom de Mencía.
Sa figure connut un renouveau au XIXe siècle, lorsque l'écrivain canarien Graciliano Afonso l'immortalisa dans son poème épique «Dácil», et elle fut redécouverte comme symbole d'identité canarienne. Elle donne aujourd'hui son nom à des rues, des places et des centres de santé à Tenerife. Elle représente non seulement la résistance guanche, mais aussi la capacité à construire des ponts entre les cultures en temps de violence.