La Momification Guanche : Un Art Funéraire Unique à Tenerife - Archéologie
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La Momification Guanche : Un Art Funéraire Unique à Tenerife

La momification pratiquée par les Guanches, premiers habitants de Tenerife, constitue l’un des aspects les plus fascinants de la préhistoire canarienne. Ce rituel funéraire, décrit par les chroniqueurs et confirmé par l’archéologie, témoigne de la sophistication sociale et spirituelle des Guanches, tout en évoquant des parallèles avec d’autres civilisations antiques comme l’Égypte1.

Un métier spécialisé

La momification était confiée à des spécialistes appelés “mirladores” ou embaumeurs. Une stricte division des tâches existait : les hommes momifiaient les hommes, les femmes s’occupaient des femmes. La famille du défunt devait fournir la nourriture aux embaumeurs pendant toute la durée du processus, qui se déroulait dans des grottes spécifiques1.

Le processus de momification

Le rituel commençait par l’extraction des viscères. Le corps était ensuite lavé deux fois par jour à l’eau froide, avec une attention particulière aux zones délicates : aisselles, derrière les oreilles, aine, entre les doigts, nez, cou et poignets. Après chaque lavage, le corps était enduit d’onguents, probablement d’origine animale ou végétale, pour favoriser la déshydratation et la conservation. Enfin, le corps était soigneusement enveloppé et placé dans une grotte funéraire, protégé des animaux et exposé au climat sec de l’île1.

Portée sociale et religieuse

La momification guanche n’était pas pratiquée sur tous, mais réservée à certains individus, probablement de haut rang. La disposition précise du cadavre – bras allongés, mains jointes, tête légèrement relevée – suggère un rituel codifié et des croyances sur l’au-delà1.

Singularité et comparaisons

Si la pratique rappelle l’Égypte ancienne, elle aurait pu perdurer aux Canaries bien après sa disparition dans la vallée du Nil, illustrant le phénomène de “survivances marginales” dans les cultures isolées. Les Guanches ont adapté la technique à leur environnement, utilisant des matériaux locaux et développant leurs propres méthodes1.

Découvertes archéologiques

Les découvertes de momies guanches confirment l’existence de ce rituel complexe. Des corps parfaitement conservés, avec peau, cheveux et tissus desséchés, ainsi que des restes d’enfants et d’adultes dans des grottes funéraires de haute montagne, offrent une fenêtre unique sur la société guanche et sa vision de la mort1.

Un héritage culturel

La momification guanche témoigne de la richesse culturelle des anciens habitants de Tenerife et de leur capacité à développer des pratiques funéraires sophistiquées dans un contexte insulaire. Son étude nous rapproche de leur univers spirituel et invite à réfléchir sur la diversité des réponses humaines face à la mort.

Footnotes

  1. Luis Diego Cuscoy, Los Guanches : Vida y cultura del primitivo habitante de Tenerife (1968). 2 3 4 5 6

Sources

  • Luis Diego Cuscoy — Los Guanches: Vida y cultura del primitivo habitante de Tenerife (1968)